Lundi 23 mars 2009

Ça y est, notre longue route en Himalaya se termine. Nous nous sommes séparées début mars en Chine, à la frontière du Tibet. Barbara a continué son parcours par la Chine et Maud fait du tourisme en Inde pour se remettre les idées en place avant de retrouver Lille.

 

3000 kilomètres à pied et plus de 12000 kilomètres parcourus en bus à travers les villages et les montagnes de l’Himalaya. Marcher, marcher, marcher, monter, pour redescendre et recommencer encore, et encore, chaque jour… Poser tous les matins notre lourd paquetage sur les épaules et souffrir, aimer, rire, pleurer, admirer, prendre du plaisir… Nous avons vécu tant de choses cette année, tant d’expériences et de rencontres.

 

La principale rencontre aura été la nôtre, celle de Barbara et de Maud, à elle seule une grande aventure humaine dans l’aventure. Sans se connaître, nous avons vécu pendant un an dans la plus grande intimité. Impossible de se cacher derrière une montagne. Ici, on ne joue pas une pièce de théâtre. On se montre telles que nous sommes avec tout ce que cela comporte de bon ou de mauvais en nous. Bien sûr, il y a eu des moments de colère ou d’incompréhension, mais très vite dissipés par la discussion ou le respect de l’autre. Comme dans un couple, il a fallu trouver notre équilibre mais nous allions dans la même direction, empruntant parfois des trajectoires différentes mais jamais opposées. Cette relation nous a beaucoup appris sur nous-mêmes, appris à être meilleures et à mieux respecter l’AUTRE. Ohhh, nous sommes loin d’être parfaites, nous n’y sommes pas toujours parvenues, nous sommes humaines… mais il y a toujours eu la volonté d’aller ensemble vers le même but. Déjà un bon démarrage !

 

Et puis, les rencontres dans les villages, avec les hommes et les femmes. Les gens nous ont toujours ouvert les portes de leurs maisons et nous ont fait partager généreusement un petit bout de leur vie (et de chapattis…). Dire que nous avons noué de véritables relations avec eux serait idéaliste, car la barrière de la langue ne nous permettait pas d’avoir des échanges profonds sur tel ou tel sujet, mais nous avons pris ce qui était possible avec les moyens du bord : papiers, mimes, dessins, quelques mots… Chacun de son côté était curieux de mieux se comprendre et de connaître la vie de l’autre de manière simple, jamais ou rarement de façon intéressée. Juste pour l’échange, simple et sain. Cela nous a valu des moments très drôles et émouvants. La question la plus fréquente était : “deux femmes qui marchent, seules, sans guide et sans porteurs… mais pourquoi marcher ? pourquoi se compliquer la vie ?”. C’est vrai, pourquoi se donner tout ce mal ? Simplement, pour ça ! Pour ces échanges toujours émouvants que nous n’aurions jamais pu vivre autrement.

 

Et aussi parce que c’est dans la difficulté que nous avons pris le plus de plaisir (facile à dire maintenant qu’on en est sorties...) et que nous avons le plus appris. Ce sont dans ces moments durs que nous ressortons le plus grandies. Ca doit s’appeler l’expérience ? On apprend à repousser nos limites encore et encore et on s’aperçoit qu’on s’adapte à toutes les situations les plus dures (presque toutes… les grosses araignées toujours pas…). Les épreuves nous ont rendu plus fortes, plus vivantes mais aussi plus présentes. Quel goût savoureux ont les choses simples quand on est privé de son confort habituel.

 

Les femmes que nous avons rencontrées, celles desquelles nous avons fait les portraits, mais aussi tant d’autres que nous avons cotoyées tous les jours, sont un exemple de courage et de force. Elles sont souvent privées d’éducation, de santé et très régulièrement battues (plus de 80% des femmes des villages au Népal le sont par des maris un peu trop alcooliques), et mènent une vie très rude à s’occuper des terres et de leur grande famille, mais elles nous donnent une véritable de leçon de vie car elles gardent toujours une certaine joie de vivre et une notion incroyable de partage.

 

Nous avons vécu une année extrêmement riche. Une expérience humaine et sportive hors du commun. De celles dont on ressort grandies, différentes mais profondément les mêmes !!! Plus ouvertes, plus enclines à la découverte, plus vivantes, plus SOI tout simplement.

 

“Être libre revient à ne pas lâcher la barre, laisser les voiles flotter au vent et le bateau partir à la dérive, mais barrer en mettant le cap vers la destination choisie.”    Matthieu Ricard, Plaidoyer pour le bonheur.

 



 

Pour nous contacter :

barbaradeliere@voila.fr

tel 06.87.43.80.68

maud.ramaen@yahoo.fr

tel 06.87.51.94.53

 

Merci à tous nos sponsors de nous avoir aidé et soutenu pendant l’aventure :

-          Décathlon ; Quechua, Géonaute, Equarea, Stratermic et Novadry,

-          Délégation régionale aux droits des femmes et à l’égalité Nord/Pas-de-Calais,

-          Préfecture régionale Nord/Pas-de-Calais,

-          Allibert,

-          SNCF Voyages, voyageurs responsables,

-          MJC Montélimar,

-          DDJC Drôme,

-          Ville d’Halluin,

-          Association Raid Attitude,

-          1001 piles,

-          SPOT.

 

Merci à nos parrains pour leurs conseils pratiques et leurs encouragements précieux :

-          Olivier Soudieux et Carole Soubiran, auteurs du film “Le chemin des cimes” ; 4 saisons en couple pour traverser l’Himalaya. www.soudieux.com

-          Christophe Tattu, auteur du livre “La route des cimes” ; 7000 km à vélo de Pékin à Calcutta. www.lechantdutibet.over-blog.fr/

 

Et évidement merci à nos familles et à nos amis qui nous ont soutenu et ont cru en notre projet. Ils ont été pendant le voyage d’une aide précieuse et nous ont toujours poussé à aller plus loin et à profiter de chaque instant, même dans les gros moments de doutes et de découragement.

 

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Lundi 23 mars 2009

Les chevaliers du Kham !!!

L'arrivée en Chine après un si long moment au Népal et en Inde du nord est un véritable choc culturel ! D'abord la langue, les gens, la cuisine, l'ambiance tout entière ! Tout est à refaire !

 



 

La ville de Chengdu est une très très grosse ville. Nous avions fait quelques provisions avant de quitter l'Inde, pensant ne pas y trouver de café ou de sucre... nous sommes servies... Les centres commerciaux fleurissent ici et sont plus gros les uns que les autres. On trouve du Dior et aussi du Mc Do, mais nous en sortirons vainqueurs car nous n'avons aucune envie de "Big Mac" aujourd'hui. Un peu en dehors des gros axes centraux, les marchés de rues proposent des produits incroyables. Tout est nouveau pour nous et nous avons envie de goûter à tout. A tout, enfin presque... des fruits et légumes inconnus, des carottes et des oeufs énormes, sûrement pas très naturels, les poissons ou espèces de serpents de mer sont vendus vivants et présentés dans des bassins, les viandes et tous les abats sont étalés et dégagent une odeur épouvantable ; et le principal mets ici : les pattes de coq, partout sur les étals avec les trois doigts vers le ciel. Presque esthétique... Nous nous essayons à un de ces bistrots de rue qui proposent du riz et de nombreux légumes ou poissons frais cuits devant vous. C'est ce que nous avons trouvé de plus simple pour manger ici ; il suffit (presque) de montrer du doigt ce que l'on souhaite. Cela évite les moments épiques, mais aussi très drôles, de "débarquement" dans les cuisines des restaurants pour se faire comprendre. Nous avons fait le bon choix, car les légumes sont excellents et cette cuisine complètement différente des currys indiens dont nous arrivons à saturation. Hummmm les champignons !!! Et puis, il faut nous voir manger à la baguette. C'est aussi une expérience pour nous et cela semble beaucoup amuser tous les clients du bistrot.



 

Mais que de moments difficiles et parfois extrêmement énervants à tenter de se faire comprendre. Voyager en Chine sans parler la langue est un exercice assez compliqué. Personne ici ne parle anglais et lorsqu'on aborde quelqu'un dans la rue, au restaurant ou dans un hôtel, il n'est pas rare que la personne parte en courant... Peur de nous ? Nous pensons qu'ils ont surtout peur de ne pas savoir nous répondre, alors la fuite est probablement le meilleur moyen d'éviter le problème. Cela a le don de nous mettre hors de nous. On apprend ! Cela complique quand même beaucoup la vie pour des choses très simples : manger, trouver sa route, réserver un bus...

 



 

Sim accueille les touristes au Sim's Cozy Lodge à Chengdu. Il parle anglais et connaît très bien la région de Chengdu, du Yunnan et du Tibet tout proche. Il nous annonce que depuis ce matin, toutes les agences de voyages ont reçu des instructions très strictes de la part des autorités chinoises pour ne plus laisser entrer un seul touriste au Tibet, accompagné ou pas par un guide. Probablement à cause du nouvel an tibetain qui aura lieu fin février. Quelle déception !!! On ne pourra pas se rendre à Lhassa. Nous aurons vu le Tibet d'en haut, par le petit hublot de notre avion entre Katmandou et Chengdu.

 

 



Suite à ce contre-temps, nous décidons de nous rendre vers l'Ouest, à proximité de la frontière tibétaine qui semblerait encore accessible, puis de descendre vers le Sud en direction du Yunnan. Cette région du Kham est encore très préservée et authentique et de nombreux nomades tibétains y vivent. Nous dépassons très vite notre déception par rapport au Tibet, car ici tout s'en rapproche quant à l'idée que nous en avions. Les paysages, le haut-plateau tibétain couvert de neige, les gens, les plats, la langue, les yacks, les maisons et les fabuleux monastères. Nous sommes à seulement quelques kilomètres de la frontière du Tibet interdit, et les hommes armés sont présents partout. Nous avions entendu dire qu'il y avait eu des émeutes importantes dans la ville les jours précédents et la présence de la police et de l'armée partout, ainsi que le couvre-feu général, assurent le retour au calme. Personne ne nous dit rien pourtant sur ce qui s'est ou non passé.

 

 



Il aura fallu attendre que nous soyons depuis trois jours à Lithang pour qu'un policier se manifeste enfin. "Suivez moi !" nous dit-il d'un ton ferme. Nous arrivons au poste de police où 10 d'entre eux tuent le temps en buvant du thé et en jouant aux cartes. On nous fait asseoir le temps de trouver un traducteur. Et, s'en suit une discussion sans fin, presque drôle :

"Welcome to China". "What is your problem ?". "Were are you going ?".

"D'abord, on n'a pas de problème, on nous a demandé de venir ici et d'attendre... et nous allons au shorten à 10 minutes de marche d'ici, il y a un problème ?"

 "Aucun problème, tout le monde est libre en Chine... mais un policier va quand même vous accompagner !".

"Donc..." nous sommes prêtes à pouffer et à nous mettre en colère mais on ravale notre salive, pensant que de toutes façons cela ne servira a rien ; d'ailleurs nous en avions déjà fait les frais plusieurs fois plus à l'ouest de la Chine. Alors "OK, lets go".

"Attendez un peu...".

"Attendre quoi puisqu'on peut marcher ? nous sommes libres en Chine et vous avez contrôlé nos passeports !".

"Attendez encore un peu... Un thé ?"

"Nous voulons marcher ! Et sans policier si possible !"

"Attendez encore un peu... Vous savez les policiers chinois sont gentils ! Venez nous voir si vous avez le moindre problème."

"Nous n'avons pas de problème, on veut marcher !"

Finalement, on accepte qu'un policier se joigne à nous, le policier se lève, nous suit et fait demi-tour au bout de 2 minutes, voyant bien que nous n'avons rien de l'espion qu'ils pensaient traquer.

 




Le jour même, à 11 heures du soir, alors que nous dormons profondément depuis un moment, des éclats de voix se font entendre en bas de l’hôtel et nous réveillent. Quelques minutes plus tard, c’est à notre porte qu’on frappe. Trois policiers armés nous somment de leur montrer nos passeports… “Mais… on dort ! et on nous a contrôlé nos papiers cet après-midi…”. “C’est pour votre sécurité !” nous disent-ils. “SUPER !!!”. Ca fait trois jours que nous faisons des allers et venues ouvertement devant le poste de police juste en face de l’hôtel sans que cela ne pose problème, et c’est ce soir qu’ils leur faut nos papiers… Comprend pas !!! THIS IS CHINA…

 



 

Hormi ces contre-temps, l’endroit est fabuleux. On fête le nouvel an tibetain à la gompa, et tous les nomades des alentours se retrouvent ici pour prier et célébrer l’événement. Un festival de couleurs et de bijoux… Nous sommes les seules touristes et les gens sont adorables avec nous. Souvent curieux de nous voir ici et de comprendre la raison qui nous a amené jusqu'ici ; ils demandent à voir nos colliers à prières pour justifier un pèlerinage, comme pour eux…

 



 

Les moines, habillés en costume traditionnel avec les masques de leurs divinités, chassent les mauvais esprits en danses et en chansons. Gare aux fesses de ceux qui ne seraient pas dans les rangs. Barbara, concentrée sur son film en fait l’expérience d’un petit coup de fouet… Arrière fillette ! Libérez la place pour les danseurs !

 




 


Les hommes sont particulièrement beaux ; les cheveux couleur ébène, très longs et souvent tressés, les yeux noirs et le regard perçant, le costume traditionnel… Hummm, un régal. Mais ne souriez pas trop s’il vous plaît, car sans dents, le mythe s’effondre !!!
Les femmes aussi sont somptueuses. Raffinées dans leurs incroyables parures de bijoux de toutes sortes et de toutes les couleurs. Elles nous font l’effet de femmes venues d’un autre monde. C’est bien le cas ici !

 









Après de multiples incompréhensions dues à la langue, souvent exaspérantes et qui nous font perdre du temps, de l’énergie mais surtout du sang-froid… nous arrivons enfin à trouver un bus pour une ville plus au sud où nous souhaitons  nous rendre pour marcher car la route y serait magnifique. Ici pas de sentiers ; nous marchons sur la piste mais elle est peu fréquentée et le paysage est effectivement fabuleux. A cette altitude élevée (entre 4000 et 4800 mètres) les températures sont très froides et il neige depuis plusieurs jours. Cela donne au haut-plateau tibétain un air mélancolique, presque dramatique et inaccessible. Nous trouvons refuge dans les tentes des nomades ou dans les maisons typiques, pour un excellent thé salé au beurre rance de yack. Il nous avait manqué !

 



 
Les rencontres sont fabuleuses, mais en Chine, le premier contact est toujours difficile et les gens un peu méfiants. Passé ce moment de doute, ils nous font partager leur vie avec une extrême générosité.

 



 

Deux femmes nomades auraient bien fait leur paquetage pour nous accompagner sur la route, bien qu’elles trouvaient cela surprenant au début. Une parenthèse de liberté dans leur vie rude de mère au foyer et aux champs, aurait été pour elles une belle évasion. En les quittant, elles reprennent leurs activités du jour : tisser la laine de yack et préparer le repas très sommaire.

 



 

C’est notre dernière marche et nous atteignons aujourd’hui les 3000 kilomètres à pied à travers les montagnes de l’Himalaya ! Quelle belle et longue marche.

 



 

Demain nous nous séparons, mais nous restons très pudiques sur nos sentiments. Personne n’aborde le sujet et toutes les deux nous nous sentons déjà nostalgiques à l’idée de se quitter après tant de belles aventures.

Une bouteille de vin et un bon repas chinois pour fêter l’événement ! Un excellent moyen de se dire au revoir. A bientôt !!!

 

 

 

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Lundi 23 mars 2009

Faire un peu de tourisme culturel dans la capitale du Sikkim...

 

Un hôtel sombre et lugubre, un chambre puante au dernier étage avec vue… sur mur ! Aucune envie de se poser ici pour se reposer ou bouquiner… La douche chaude qu’on nous avait promise et que nous attendons depuis 10 jours, ne s’avère être qu’un petit filet d’eau glaciale. Cela fera bien l’affaire pour se refaire une petite beauté et se sentir un peu mieux.

 



 

Gangtok est la capitale du Sikkim. C’est une grosse ville. Il y a même un téléphérique pour se rendre du bas de la ville au haut de la ville qui est située sur un flanc de montagne. Nous n’osons pas l’essayer mais c’est peut être l’aventure que nous avons ratée au Sikkim…

 





 

Nous faisons donc ici dans la visite culturelle, bien organisée sans pour autant y prendre autant de goût qu’à la marche.
 

L’institut de la tibétologie propose une expo photo intéressante sur l’histoire du Sikkim et du Bhoutan, pays voisin.

 




Le shorten Do Drul où de nombreux pèlerins se retrouvent pour prier. Aujourd’hui, nous tombons sur un gros groupe de Bhoutanais venus se recueillir. Les femmes ont les cheveux coupés courts et nous sommes surprises car ce sont les premières qui n’ont pas les cheveux longs et tressés depuis le début du périple. Les hommes portent des tuniques courtes laissant apparaître leurs mollets noirs et charnus. Sympatique !

 

 



Le jardin des orchidées, fleur emblématique du pays.






 







Le monastère d’Enchey, dans les hauteurs de la ville… Un autre monastère !




 


Et pour terminer, le D.H.H. “Directorate Handloom and Handicraft”. Une grosse entreprise locale qui emploie et forme les gens du pays pour perpétuer l’artisanat local.

 





Nous quittons le Sikkim avec l’impression de ne pas avoir réellement fait connaissance avec le pays. Probablement parce que les lieux authentiques et préservés sont payants et accessibles uniquement avec guides et porteurs. Une drôle d’impression d’arriver à la fin sur un sentiment de “pas fini”…

 

 

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Jeudi 19 février 2009




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Jeudi 19 février 2009

C’est la fête à Rumtek, les moines préparent le nouvel an tibétain !!!


Trek Monastique (Sikkim) ;


Le “trek monastique” fait partie des peu nombreux sentiers de randonnée autorisés sans guide ni porteurs. Il prolonge l’itinéraire des rhododendrons que nous avons suivi jusque-là en direction de la capitale du Sikkim (Gangtok), plus à l’est du pays. On nous a dit beaucoup de bien des monastères du pays, réputés pour leur grande authenticité ! Un bon coup de pub, oui ! Peut-être que les mois de voyages nous ont rendues trop exigeantes ou que nous sommes un peu fatiguées par ce long périple, mais la gompa de Paymayangste, notre premier monastère du pays, nous laisse un goût plutôt amer.


 



Cette gompa, appelée le “Lotus Sublime”, a été construite en 1705 et est la deuxième plus ancienne du Sikkim, réputée pour sa lignée de purs moines. Au troisième étage, une pièce étrange de plusieurs mètres de haut, une pagode en bois : le “Zandog-Polri” nous apparaît comme un super terrain de jeu pour les enfants. Ce qui a tout de suite attiré notre attention dans la pièce, ce sont les tissus posés sur certaines peintures du mur. En bonnes Françaises, notre curiosité nous pousse à regarder ce qu’ils peuvent bien cacher : des images suggestives de divinités boudhiques dans les positions sexuelles du kama-sutra. Et bien, ils sont beaux nos moines de pure lignée !!! Il est 13 heures et les lamas sont à leur déjeuner. Une gompa sans moines, c’est une gompa triste, une gompa sans vie…


 










C’est sur la piste que nous poursuivons notre chemin en direction du lac des Souhaits : Keochapalri Lake. Une jeune femme nous propose de faire halte chez-elle. L’idée de partager un bon repas avec une famille locale nous séduit immédiatement, mais peut-être aurions-nous nous méfier… Nous voici donc à table avec une potée pour le moins étrange que nous devons manger devant nos hôtes qui nous observent. Il faut avaler ces morceaux de farine grossière cuits dans un bouillon sans goût et faire un grand sourire car “c’est offert de bon coeur”…  À la fin du repas, c’est l’heure de la clope... faite maison avec le tabac du jardin. Produit 100% naturel mais… Pfouaaa, ça arrache… Et à en croire la dentition du papa, c’est du pur et du bon ! Une expérience sympatique et très locale !


 

 






Au lac, un lama alcoolisé porte un chapeau de cow-boy et rabat les clients pour séjourner dans sa "ghest house" qui surplombe la vallée. La légende dit que les oiseaux gardent le lac et veillent à ce qu’aucune feuille ou brindille ne souille ses eaux, et c’est vrai qu’il est calme et clair. Considérant qu’il se trouve en pleine jungle et végétation luxuriante, c’est assez étrange… Très excitées à l’idée de planter la tente sur les bords du lac, mais nous devons finalement nous résigner à changer de plan. En effet il est impossible de planter une tente ici : les bords du lac sont sacrés et il n’y a que des marais et des roseaux aux alentours.

 




On nous a dit que deux Francais étaient montés au lodge du lama et plusieurs personnes ont confondu Barbara avec la jeune femme du couple… Aller retrouver la deuxième jumelle de Barbara nous semble être une raison suffisante pour faire la demi-heure de montée supplémentaire et se mettre au chaud.


 



Ce petit coin reculé est le lieu idéal pour une retraite sympathique de plusieurs jours. Le lama est un peu barré et c’est tant mieux, cela ajoute au charme des lieux. Il est marié, a des enfants, picole et accessoirement vend un peu d’herbe de sa récolte locale. Sa femme et ses enfants sont drôles, curieux et très ouverts d’esprit. La cuisine est excellente et le feu de camp est un endroit rêvé pour refaire le monde ! Nous passons la soirée avec les deux jeunes Français : Nico et Lola, à se raconter nos vies et nos histoires de voyage, un régal ! Nous retiendrons que ce qu’il y a d’intéressant au lac des Souhaits, c’est cette rencontre avec le couple sympatique, le lama et son lodge, bien plus que le lac lui-même.



 


Les petits sentiers à travers la jungle sont fabuleux. Que c’est bon de sortir de la piste !!! Le soleil, la vue sur les sommets au loin, devenue rare à cause du temps et de la brume, les chants incroyables des oiseaux, les senteurs de fleurs partout, tout cela nous rend guillerettes… En chantonnant, nous descendons vers le prochain village… Nous regrettons l'absence de Maman Ramaën, alias “la mono”, une véritable encyclopédie vivante des plantes et des oiseaux. Nous resterons donc dans l’ignorance devant ces multiples spécimens de la nature. Ceci dit, cela ne nous pose pas trop de problèmes…


 





La route remonte ensuite vers Yuksom où se tient aujourd’hui la cérémonie boudhiste annuelle de purification du lac : la puja “Kartuk”. Tous les moines des villages alentours se sont réunis ici pour prier. Les chants des prières sont très prenants et pour ne rien gâcher, on nous offre des gâteaux “purifiés” et du thé au lait. On adore !!! De là à dire que nous en ressortons pures…















En direction de Tashiding, nous prévoyons la visite de deux gompas égarées dans la montagne au milieu de la jungle. Les gompas sont vides car tous les moines sont à la puja. Le temps est brumeux et l’ambiance est triste et nostalgique…





 







Les locaux s’affairent à la tâche pour aménager les sentiers du Sikkim. Les uns brisent les pierres pour en faire de petits galets, les autres font des tas de ces petits galets, et d’autres encore les disposent sur le sentier, tête en l’air. Un résultat très esthétique mais que personnellement nous ne trouvons pas du tout pratique pour la marche, manquant à chaque instant de nous prendre les pieds dans ce “merdier”… Tout de travail délicat et difficile pour qu'au final nous trouvions cela pas très efficace… On pouffe mais on n'en dira rien…

 


 




De passage dans un village, trois gamins pillent un petit shop de ses bonbons, personne ne tient la boutique aujourd’hui… Et pour cause, tout le village est réuni pour le dernier jour de célébration d’un mariage. Devant la maison, les femmes dansent en rond, quelques hommes font la musique, tandis que les autres titubent à force d’abuser du «bamboo tchang» (bière à base de millet fermenté et servie dans une grande bolée de bambou avec une paille). Nous sommes invitées pour le thé et quelques succulents gâteaux maison. C’est l’heure du goûter et Tashiding est encore loin, alors “lets enjoy”. Les jeunes mariés nous affirment s’être choisis mutuellement, ce qui est assez rare dans le pays où le mariage est le plus souvent arrangé. Ils sont beaux tous les deux et semblent plein d’avenir. Cela nous rend le reste de la route plus doux et agréable.

 



Arrivée en fin de journée à Tashiding, soleil couchant, bise agréable, premières orchidées dans les jardins des habitations (c’est la fleur emblématique du pays). Au petit restaurant local, Fred et Eric, Américain et Coréen vivant à Saigon, au Japon sont également venus ici pour treker. Nous passons une bonne soirée en leur compagnie à refaire le monde et contempler un magnifique lever de lune sur les montagnes !

 



Le monastère de Tashiding, ou plutôt, les monastères sont fabuleux. Celui des nonnes est le premier du genre que nous visitons. Un des plus anciens, avec d’immenses et somptueux moulins à prières en bois sculpté et peint, tout autour de la pièce. “Ch’timi”, une des nonne, parle un peu anglais. Elle a choisi sa conversion il y a deux ans de son plein gré. “La vie de famille, pour rien au monde ! C’est bien trop compliqué !”. Elles sont trois nonnes sur le site. Grand mother, personne ne la considère vraiment comme une nonne car elle est arrivée ici après un mariage raté. Elle a décidé de se retrancher ici pour méditer. Cette vieille femme a l’apparence d’un gnome avec ses handicaps et sa démarche. Elle nous fait d’abord un peu pitié. Lorsque Maud enlève ses chaussures pour entrer dans le monastère, elle la regarde et pince son nez en montrant ses pieds… On éclate toutes de rire !!! “Comment çà ça pue ? Moi, je ne sens rien”. C’est vrai qu’après tout ce temps, on ne se sent plus vraiment et pourtant nous ne sommes pas bien propres.

 





 







Il fait grand soleil, le ciel est bleu roi, il fait chaud et l’endroit est calme et paisible. Idéal pour une petite sieste. N’est ce pas Barbara ? Dommage que les chiens rôdent partout, aboyant et menaçant à chaque instant de nous croquer un mollet…

 

 



Rumtek est la grosse gompa du pays. Nous avons la chance d’arriver juste au moment où les 150 moines font la répétition des danses en vue du très proche nouvel an tibétain. Tous ont revêtu les tenues officielles et les bottes tibétaines. Un régal pour les yeux et les oreilles que de les voir danser au son lourd et prenant des tambours.

 

 













Le “trek monastique” a été un moment agréable, mais bien loin des attentes que nous avions du Sikkim. Peut-être que le voyage nous a rendu trop exigeantes ou que, la fin approchant, nous ne sommes plus dans les mêmes dispositions de “découverte” et “d’ouverture” qu'au début…

Tout au Sikkim est misé sur le tourisme et cela le rend sûrement un peu trop accessible, presque trop facile. Nous avons le ressenti de ne pas avoir “gagné” cette région, pensant que c'est sur les chemins les plus difficiles que nous “adoptons” un pays et ses habitants.

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Jeudi 19 février 2009
Trek des Rodhodendrons (sikkim)


Quelques photos en attendant les récits



























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Jeudi 19 février 2009

Le sikkim, c'est ou ???


Darjeeling


Quelques photos en attendant les récits...









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Dimanche 1 février 2009

Et puis... reprendre la route en sens inverse, direction l’Inde maintenant !!!  

 



Après Thame, nous rejoignons rapidement Namche Bazar où nous retrouvons Adam que nous avions rencontré ici plusieurs jours auparavant. Nous passons une très bonne soirée avec lui à échanger sur nos aventures respectives.

 



La route que nous prenons est la même qu’à l’aller. Nous allons toutefois nous octroyer une petite variante qui nous permettra de varier les plaisirs. Effectivement, plutôt que de retourner sur nos pas à Jiri, nous allons descendre tout droit vers le Sud, à Okaldunga où il existe des bus en direction de l’Inde où nous nous rendons pour les prochaines étapes.
 

 


Lorsqu’un trek se termine, on a déjà d’autres objectifs en tête, il est plus dur de vivre « l’instant présent », on est déjà dans l’idée de ce que nous offrira le futur, prochaine destination l’Inde du nord : le Sikkim. De ce fait, la dénivelée est plus lourde à avaler ! Et ces basses vallées ne nous ménagent pas en matière de montées. De véritables montagnes russes : +800 mètres, -500 mètres, +1500 mètres, -800 mètres, etc. La fatigue accumulée lors de nos longues journées de marche en altitude commence, ici seulement, à se faire sentir, probablement parce que notre motivation est moins présente !



 

Au lodge de Thado Koshi, l’Everest Summiter, c’est Sonam Dolma Sherpa qui nous accueille. Elle parle correctement anglais, ce qui est assez rare, même dans la région touristique de l’Everest. Nous en profitons pour échanger sur nos modes de vies si différents. Nos discussions portent rapidement sur la vie de famille, essentielle ici lorsqu’on est une femme. Elle gère seule le gîte pendant la basse saison touristique de l’hiver. Son mari et ses deux enfants se retirent à Katmandou pour 3 mois. Nous la pensons triste mais tout au contraire, elle nous confie qu’elle adore cette période car enfin, elle est tranquille. Pas d’enfant qui crient, ni de mari dans les pattes, c’est le bonheur, nous dit-elle ! Et effectivement, elle nous semble tout à fait épanouie !

Son mari, elle ne l’a pas choisi. Comme pour la majorité des couples au Népal, même encore aujourd’hui, ce sont les parents qui décident pour le bien de leurs filles ou de leurs fils. Elle nous montre les photos de son mariage, « j’ai pleuré ce jour là, je ne voulais pas de cette homme là ! ». La vie est ainsi et elle a appris à l’aimer avec les années, mais avait-elle vraiment le choix ?

Si elle était, ne serait-ce que par la pensée, allée à la rencontre d’un autre plus à sa convenance, elle aurait été rejetée par sa famille ; mais pas seulement : c’est tout le village qui l’aurait jugée. Ça ne se fait pas ici, on ne divorce pas, c’est comme ça ! Cet espèce de fatalisme nous touche et nous révolte à la fois.



  

Nous avons quitté les derniers touristes après avoir passé Lukla où la majorité d’entre-eux reprend l’avion vers Katmandou. Nous retrouvons nos petites habitudes locales comme un thé au lait à 10 roupies à la pause de 4 heures. Nous croisons, comme à l’aller, tous les porteurs courageux, courbés sous leur charge et qui se rendent au marché de Namche Bazar pour gagner quelques roupies.



 

Le temps est clair, les températures extrêmement douces pour la saison, le sentier qui longe la forêt est très agréable et il émane des buissons une odeur sympathique de jasmin qui nous met du baume au coeur. En plein mois de janvier en Himalaya, tout ça s’apprécie, tout simplement ! Nous sommes ravies sur ce chemin de moyenne montagne et nous galopons l’une et l’autre sans se dire un mot, en profitant de tout cela.



 

Dans un village sur la route, se tient le grand marché, il porte très bien son nom de big bazar. Les gens y négocient des coqs et des poulets pour juste quelques roupies. Un coq pour l’équivalent de 10-15 euros ! Les habitants marchent en faisant traîner les pauvres bêtes par terre... On se demande dans quel état elles vont arriver à la maison ! On y trouve bien sûr tous les ustensiles en plastique pour la cuisine, et aussi les fruits et les légumes, peu nombreux en cette saison. Blettes, pommes de terre, choux et quelques pommes et clémentines qui arrivent à la fin et commencent à avoir mauvaise mine.

 



Sur le sentier, on retrouve aussi toutes les bonnes habitudes laissées dans le Far West népalais et qui nous agaçaient un peu. Les enfants nous courent derrière en aboyant des « namaste » incessants, attendant de nous une prompte réponse. Lorsqu’on est en train d’enfiler une grosse dénivelée (rien que 1200 mètres aujourd’hui, alors qu’on est censée descendre...), on n'a pas envie de parler, on souffle et on souffre...  Et puis, le jeune homme devant nous sort son portable et fait profiter tout le monde de la petite mélodie népalaise insupportable, nasillarde et surtout bien trop matinale. A la traversée d’un village, une vieille dame emboîte notre pas. D’autres Elle le dépasse rapidement même. Quelle énergie ! Son oeil droit est aveugle et elle nous demande si nous avons des médicaments pour la soigner. Évidemment, rien pour ce type de problème ! Elle nous injurie en reprenant la route, en colère. Peut-être a-t-elle trop abusé du Tchang, à moins qu’elle n’ait vu en nous un réel moyen de la sauver aujourd’hui et sur ce chemin.



 

Nous sommes à Patale, après 3 heures et demie de montée régulière, avec un peu de retard sur l’horaire annoncé ; on apprend que Okaldunga est encore à 5 heures de marche à pied. Nous avons aussi retrouvé les problèmes de communication sur les itinéraires car nous pensions vraiment rejoindre Okaldunga ce soir pour en finir avec ce trek... A midi, le temps est couvert et vent s’est levé. Ce sont de véritables tornades qui soulèvent toute la poussière et les nombreuses ordures qui traînent dans les rues. Après un chowmen réconfortant au chaud, nous n’avons qu’une envie : la sieste !

Nous décidons de faire les fainéantes et se payons les services du tracteur qui rejoint la ville en seulement deux heures. Et puis, pour se conforter dans notre choix, nous nous disons que ce sera une expérience nouvelle. Après le bus, la Jeep et le train, voici le tracteur !!! Et bien, plus jamais ça, c’est l’horreur...  



 

Barbara est ballotée de droite à gauche à l’arrière de la nacelle, et Maud, accrochée aux barres de fer, fait des bonds de 50 centimètres en hauteur. On ne parle même pas de la poussière qu’on avale... Au final, c’est bien plus sport que la marche à pied et que n’importe quel autre moyen de transport. Le tracteur s’arrête enfin. Nous sommes en plein milieu de la montagne et assurément ce n’est pas Okaldunga ! L’homme sort et commence à laver son beau tracteur à la rivière.

« Et nous, on fait quoi ? »

L’homme ne nous entend plus, il fait mine de ne pas comprendre... Nous finissons par apprendre qu’il reste deux heures de marche jusqu’au village et que lui, ne bougera plus d’ici... Super ! Nous le rémunèrerons moins que prévu, normal on est pas à destination. Cela dit, ça ne nous fait pas de mal de sortir de ce tape-cul qui commençait à nous rendre folles.

 

A nous l’Inde, Darjeeling et sa féerie !!!

 

Depuis Okaldunga, c’est la série des bus pour rejoindre l’Inde. Un premier bus sur la piste pendant 3 heures, puis un deuxième sur la piste pendant 5 heures, puis encore un sur la route, cette fois pendant 7 heures. Toujours la même rengaine ; nous sommes secouées comme des bananiers, les uns sur les autres, les sacs sont enchevêtrés dans les allées et empêchent tout mouvement. Et pour couronner le tout, une femme vient de vomir par terre à côté de nous. Il va falloir supporter l’odeur en plus de la poussière et du bruit... Le bus s’arrête, on nous demande de descendre, de prendre nos sacs et de quitter le bus... Le pont s’est effondré cette semaine et aucun engin motorisé ne peut plus passer. Alors on traverse à pied en payant un droit de passage pour un pont de bambou instable, et on reprend un bus de l’autre côté du pont. On se demande combien de temps il leur faudra pour le réparer et éviter tous ces va-et-vient...



 







En trois jours de ce régime, nous passons la frontière indienne. Formalités simples et rapides. Contrôles quasi inexistants. Nous allons à Darjeeling, la ville du thé, dont le nom sonne comme une féérie...
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Dimanche 1 février 2009

Et, en route vers le toit du monde !!!

 




Namche bazar, la ville aux toits bleus est accrochée sur la montagne, surplombant les larges vallées que nous avons empruntées depuis les huit derniers jours. C’est la station de montagne ! Le point de départ de toutes les randonnées dans la vallée du Solukhumbu et en particulier de celle du toit du monde : l’Everest, Sagarmatha (en népalais) !!!



 

Déjà, les lodges affichent fièrement les photos de leurs Sherpas, de leurs frères partis conquérir cette inaccessible montagne. C’est sûr, nous sommes sur la bonne route !

 

C’est le jour du marché, tout le monde s’agite pour vendre viandes, clémentines, patates, biscuits et chio-chio… Nous y retrouvons nos compagnons de route des derniers jours ; les porteurs et porteuses qui ont, comme nous, suent sous le poids de leurs charges pour se mettre en poche quelques roupies bien méritées.

 

Maud s’acharne depuis ce matin, impossible de trouver chaussure à son pied ! C’est bien malheureux que dans cette station il n’y ait aucun moyen de trouver une paire de coques plastique en taille 36… Après avoir fait le tour de tous les loueurs et couru de haut en bas et d’Est en Ouest dans toute la ville, il faut se rendre à l’évidence : l’Island Peak ne sera pas pour elle cette fois-ci. Le verdict est sévère mais sans matériel adéquat, il est impossible d’envisager l’ascension d’un pic à 6200 mètres en cette saison hivernale. Deux Coréens se sont retrouvés à l’hôpital avec des gelures sérieuses aux pieds pour avoir tenté ce même sommet. Nous ne sommes pas ici pour ce type d’expédition inconsciente… Il y a tant d’autres choses à faire dans cette vallée et puis les trois pics à 5500 mètres que nous prévoyons de gravir en valent bien un à 6200… et l’Island Peak ne vas pas bouger de sitôt !



 

Au lodge, nous faisons la connaissance d’Adam, un Anglais qui vit à Hong Kong et qui a pour habitude de faire une ballade matinale nus pieds, et de Thony, acteur, qui doit écourter son séjour au Népal pour aller jouer le rôle de « Scoubidou bidou hoo » en Australie ! Ils sont givrés ces voyageurs.



 

Pour nous, c’est l’heure de se mettre en route pour le trek vers notre Everest !

 

Au fur et à mesure que nous nous élevons sur le sentier, apparaissent les hauts sommets ; le Thamserku d’abord et puis l’Ama Dablan. Ces majestueux sommets forment maintenant des remparts flamboyants autour de nous. L’Ama Dablan est une de ces montagnes que l’on dessine lorsqu’on est enfant, avec un pic s’élevant à n’en plus finir jusqu’au ciel et des glaciers inquiétants dont les pentes inclinées se déversent jusque dans les vallées.


Le vent s’est levé à notre arrivée au village de Tingboche faisant tournoyer les moulins à prière. Leur tintement s’élève dans les airs comme pour exaucer nos vœux. La célèbre et grande gompa perchée tout en haut du village siège fièrement sur la vallée et donne au tout une atmosphère de méditation.

 

On nous a parlé d’une nonnerie dans un village plus en contrebas et nous aimerions beaucoup y passer la nuit et partager un moment avec les nonnes. Probablement que notre expérience en Inde y est pour notre motivation à continuer notre route en cette fin de journée. Déception, le village est complètement désert et les nonnes sont redescendues dans les vallées plus vertes et plus chaudes pour y séjourner durant l’hiver.



 

Une tea house reculée est la seule encore ouverte dans les environs. La petite chaumière tient lieu de halte pour les porteurs locaux qui viennent pour se restaurer avec un thé au lait ou plus souvent avec un tchang ou un rakchi (alcools locaux). Autant dire que la « gouvernante » des lieux est ravie de nous accueillir pour la nuit ! C’est d’un confort très sommaire, mais le côté vie locale nous plaît déjà. Maela a 19 ans et tient seule la boutique hors-saison. Autour du feu de bois discret, nous échangeons un moment complice même si nous ne nous comprenons pas. Elle semble surprise de nous voir écrire. « Je ne sais pas lire, ni écrire » nous confie la jeune fille en souriant, mais un peu envieuse…



 

Vallée de Chhukung et Chhukung Ri (5550 m)

 

Ne pouvant pas faire l’ascension de l’Island Peak, nous désirons toutefois nous rapprocher de ses pentes et prenons la direction d’une vallée étroite située à l’est du massif, un peu en-dessous de celle de l’Everest. Pour nous rendre à Cchukung, il faut longer une moraine glaciaire. Les choses sérieuses commencent : nous sommes à 4700 mètres, l’altitude se fait sentir et le froid devient plus vif !

Deux jeunes françaises se posent également au lodge de Chhukung. Drôle de coïncidence, car nous nous faisions justement la réflexion dans l’après-midi de ne jamais rencontrer de femmes « seules » avec leur sac à dos… Et bien, c’est fait ! Nous avions rencontré d’autres espèces rares de folie aventurière… et ces deux là détiennent le pompon !!! Marie-Jo et Kathy sont entières, il n’y a pas de doutes, elles sont là pour la montagne et l’aventure mais surtout pour vivre, vivre pleinement l’instant présent. Le genre de nanas qui vous donnent une patate d’enfer en seulement quelques instants de discussion. Nous passons la soirée à quatre autour du poêle central, qui a du mal à démarrer et nous enfume, à se raconter nos anecdotes de voyages et à échanger sur nos passions communes. Ces rencontres de voyage sont des moments incroyables, légers et forts à la fois. Elles nous ont donné une sacré leçon de vie en tout cas !


On nous a conseillé de faire l’ascension du Chhukung Ri (le pic de Chhunkung), à 5550 mètres d’altitude, pour sa vue panoramique. Ce gros tas de cailloux ne nous inspirait rien de bon, mais si la vue y est plus spectaculaire que du camp de base de l’Island Peak, alors, c’est parti !!! Il nous faudra moins de trois heures pour atteindre le sommet du Chhukung Ri. Les derniers mètres sont assez éprouvants à cause de l’altitude élevée, mais nous avons une patate d’enfer et nous dévorons la dénivelée. L’avantage de cette saison reculée est que le temps est beaucoup plus stable et plus clair, et nous avons la chance cette année de ne pas être gênées par la neige qui devrait être abondante à cette altitude. La vue est époustouflante ! Le panorama sur 360 degrés nous écrase malgré notre altitude déjà importante. Tous les sommets aux alentours nous dépassent encore de plus de 1000 mètres, ce sont de véritables remparts de neige et de glaciers suspendus qui nous entourent. L’Ama Dablan (6814m), majestueux, aux lignes parfaites, se dresse juste devant nous et nous semble plus inaccessible encore que depuis la vallée. Le Nuptse (7864m) lui-aussi nous nargue, il nous semble pouvoir le gravir aisément dans la matinée… Au loin, nous apercevons le Lhotse (8516m) encore très discret et, en contrebas, le lac Imja Tsho complètement recouvert de glace, qui scintille de mille feux… La température au sommet est si agréable que nous prenons le temps de pique-niquer devant ce spectacle grandiose. Notre maigre morceau de fromage de yack sur son chapati séché par le temps, prennent même un goût de repas de fête ! 









 

De retour au lodge, nous prenons notre après-midi de RTT… un peu de temps pour bouquiner et écrire dans la grande véranda chauffée par le soleil ! Un régal…

Cho Young, le Coréen rencontré plus tôt sur le trek nous y rejoint. Il va tenter l’ascension de l’Island Peak et étale ici, sous les yeux envieux de Maud, tout son matériel d’alpinisme flambant neuf, les étiquettes sont encore sur ses chaussures ! Maud a envie d’exploser…  Notre ami a décidé de passer 6 jours au camp d’altitude (à 5600 mètres) avant de se lancer à l’attaque du sommet. Avec ces précautions pour l’acclimatation, il a des chances d’arriver au sommet s’il n’est pas congelé avant de l’entreprendre… Il est un peu fou mais charmant !

 

Vallée du Khumbu : Le camp de base de l’Everest (5364 m) et le Kala Pathar (5550 m)

 

Nous reprenons la route de la vallée principale du Khumbu, celle qui nous mènera au camp de base de l’Everest. Il est plus simple de repasser par Dingboche et de contourner le col de « Kongma La » car les lodges étant fermés, il nous faudrait environ 10 heures pour le franchir et les journées hivernales se font courtes.

La première partie du chemin qui surplombe la vallée est très agréable. Nous y croisons de nombreuses colonies de yacks, se dorant au soleil en regardant les montagnes. Belle vie, la vie de yack !

Sur la deuxième partie, c’est un peu moins drôle… Nous longeons la moraine du glacier du Khumbu, complètement recouverte de caillasses instables, laissant entrevoir quelques glaces vives par endroits. Un de ces lieux un peu noir et lugubre. Notre réconfort après cette longue marche désagréable jusque Lobuche, est la découverte de la vallée du Khumbu avec le Pumo Ri (7165m), le Lingtren (7613m) et le Khumbutse (6639m). Derrière cette arête imprenable, se trouve le Tibet. Cette région que nous aimerions tant visiter, se trouve si proche de nous et pourtant, en ces lieux, ses frontières sont infranchissables !
 

Depuis Lobuche, il nous faut juste deux heures pour rejoindre Gorak Shep (5140m) où nous laissons nos gros sacs pour aller rendre une petite visite au camp de base !

Les trois heures de marche sur la moraine, puis sur le glacier du Khumbu se font sans bruit, sans échanges… Nous sommes toutes les deux dans nos pensées. Le camp de base de l’Everest représente à nos yeux une étape essentielle, presque une consécration dans le voyage ! Cette aventure nous l’avons rêvée pour des raisons qui nous sont propres à chacune. Nous l’avons rêvée pour nous, pour nos proches, pour vivre ces moments exaltants, se sentir en communion avec la montagne, la nature… Et aujourd’hui, nous atteignons ce rêve, nous atteignons le toit du monde, l’Everest, Notre Everest !

 


C’est un moment émouvant et fort que nous vivons en arrivant au camp de base. On se prend dans les bras, on pleure, on rit, on chante. Toutes les émotions sont exacerbées ! Un rêve d’enfant se réalise ! Le partager à deux est encore plus fort. Aujourd’hui, cela fait 10 mois que nous sommes parties. Nous avons tenté cette expérience à deux sans même se connaître, et nous partageons, depuis 10 mois et dans la plus grande intimité, tous ces moments d’aventures, de rires, de pleurs, de joies mais aussi de difficultés. Le voyage ne vaut d’être vécu que s'il est partagé ! Voilà notre leçon de vie… Le camp de base n’est en soi pas extraordinaire, mais il représente tout ça pour nous, alors pour ça il est extraordinaire !

 



Pour fêter cette journée importante, quoi de mieux qu’un bon rakchi ?! À 5140 mètres, l’alcool nous fait immédiatement de l'effet et nous met le corps et l’esprit en « suspension »… Nous rions bêtement et allons vite nous coucher avec l’impression d’avoir passé une étape importante aujourd’hui.

 



Le jour suivant, nous montons au sommet du Kala Pathar (5550m) qui est « LE » point de vue sur l’Everest et toute la chaîne qui l’entoure. Un groupe important de Coréens s’est levé à 4 heures ce matin pour aller au sommet. Étant un peu indisciplinées, nous avons décidé que nous ne nous attaquerions à la montée qu’à la venue du soleil. Hors de question de se geler les pieds et de partir à la lumière artificielle de la frontale. Ce n’est donc qu’à 8 heures que nous partons tranquillement pour l’ascension du pic. Dans la montée, nous retrouvons les Coréens partis aux aurores, la plupart sont dans un piteux état. Deux femmes, prêtes à s’écrouler, redescendent entourées chacune de deux gardes du corps pour les soutenir. Heureusement qu’ils ont de nombreux guides dans l’expédition ;-)))  

Nous arrivons au sommet assez rapidement car nous sommes maintenant largement acclimatées à l’altitude et retrouvons le reste du groupe qui nous laisse la place pour la photo classique sur l’éperon rocheux du sommet. Le spectacle est fabuleux sur le Mt Everest !!! Pas de doutes, c’est bien le toit du monde ! Avec ses 8848 mètres, il dépasse largement tous ses voisins. Nous sommes encerclées, une vue en 360 degrés avec les plus mythiques des sommets himalayens jamais rêvés ; L’Everest, le Lhotse, le Nuptse, le Pumo Ri, le Lingtren, le Khumbutse, le Chola Peak et, plus loin maintenant mais toujours présent, l’Ama Dablan et le Makalu… Pfouuuuuuuu !!! Incroyable spectacle !!! Les quelques nuages perchés jouent avec les cimes et rendent au panorama une ambiance plus profonde encore.









 



Vallée de Gokyo par le Chola Pass (5368 m) et le Gokyo Ri (5357 m)

 

Nous ne nous attardons pas au sommet du Kala Pathar car notre journée devrait être longue ; nous avons prévu de rejoindre le refuge de Dzonglha (4830m) pour passer le col de Chola demain, une grosse journée éprouvante selon nos informations. La randonnée hors des sentiers battus nous isole totalement du reste du monde. Il nous semble être les seuls êtres vivants dans cette vallée isolée. L’orientation nord de ce versant nous prive du soleil,  le froid nous transperce, nous traversons avec précaution les surfaces lisses des rivières gelées et traversons les pentes herbeuses blanchies par le givre. Quelques buissons épineux émanent une odeur de cannelle très agréable et, plus loin, quelques yacks ont trouvé refuge sur une étendue d’herbe grasse encore ensoleillée à cette heure tardive de la journée.

En arrivant au refuge de Dzonglha, le sol est verglacé ; une montagne aux allures de monstre se dresse juste devant nous : l’Arakam Tse (6423m). L’ambiance qui règne ici est sombre et inquiétante, mais il émane comme une magie de ces lieux isolés que nous ne pourrions définir… Le vieil homme qui tient le gîte est ravi de voir des clients pointer leur nez ici, et nous sommes reçues comme des reines !

 



Après 3 heures de montée sévère dans une vire caillouteuse et un peu engagée, nous prenons pied sur le glacier. Barbara, qui n’était pas à l’aise avec ce type de terrain, s’en sort aujourd’hui comme un véritable chef ! Toutes les deux, nous prenons notre pied sur cette magnifique traversée au milieu des glaces vives, des séracs et crevasses en contrebas.
L’ambiance haute montagne est assurée par des glaciers qui se rejoignent de toute part, laissant entrevoir leurs entrailles bleutées scintillant sous le soleil de plomb de midi. Le passage du col nous permet de découvrir une nouvelle montagne sacrée : le Cho-Oyu (8201m). Au col, le vent violent nous secoue et nous ne nous attardons pas pour la séance photo-souvenirs…                                                                    


 






La descente dans la caillasse n’est pas une partie de plaisir. La pente est importante et les pierres dévalent sous nos pieds. Gare à la chute ! Nous avons appris qu’un touriste qui avait tenté de franchir le pass il y a quelques jours, n’est pas revenu de sa course… Nous ne sommes donc pas très en confiance pour cette descente infernale. Elle se fait facilement au bout du compte mais la deuxième partie est très, très longue. Il nous faut d’abord remonter à plus de 5000 mètres pour enfin redescendre complètement dans la vallée jusqu’au glacier de Ngozumba, qui descend du Cho-Oyu. C’est tout d’abord un gros tas de cailloux qui nous accueille, puis, comme par enchantement, le glacier nous laisse entrevoir un immense lac glaciaire dans lequel se mirent les sommets du Cho-oyu (8201m) et du Gyachungkang (7952m). Plus surprenant encore, le glacier nous décèle une véritable plage de sable fin… Il ne manque plus qu’une buvette et des transats pour les touristes de passage ! Nous nous demandons où nous sommes tombées, mais les craquements sourds de la glace sous nos pieds nous rappellent sur quel terrain nous sommes…

 




 

















De retour sur la terre ferme, nous longeons les premiers lacs de Gokyo. Un yack observe deux canards s’amusant à glisser sur la couche de glace qui recouvre les eaux sombres du lac… La vallée de Gokyo est décidément un endroit étonnant !      
Nous faisons halte dans un des derniers lodges ouvert dans le hameau triste et sans vie de Gokyo. Après cette longue journée épuisante, nous nous effondrons dans nos duvets après avoir englouti nos « veg fried rice » !

 








Le jour suivant, nous montons au sommet du Gokyo Ri, peut-être en manque d’ascensions à plus de 5000 mètres… Nous sommes seules et l’ascension qui surplombe le grand lac gelé de Dudh Pokhari est magnifique.

En véritables expertes d’ascensions à ces altitudes, il nous faudra seulement 1 heure 45 pour arriver en haut. Au sommet, le panorama sur la vallée et les sommets environnants est un des plus beaux que nous ayons eus jusqu'à présent ! Nous nous écrions en chœur « Na Gyalo » – les dieux sont vainqueurs que nous avons appris en lisant les aventures d’Alexandra David Neel et que prononcent les Tibétains par tradition ou religion superstitieuse lorsqu’ils arrivent à un sommet. 



 







La vallée de Thame par le Renjo Pass (5360 m)

 

Hier, depuis le Gokyo Ri, nous apercevions le sentier qui monte très, très raide vers le Renjo Pass. Ce col semble, vu d’ici, absolument infranchissable. Il culmine haut et fort entre deux falaises effilées et il nous semble impossible qu’un chemin puisse arpenter ces pentes rocheuses. La montée est interminable aujourd’hui. Peut-être parce que ce dernier passage en haute altitude signifie la fin de notre périple dans le Solukhumbu et un retour dans les basses altitudes, vers la civilisation… C’est encore une journée exceptionnelle qui s’offre à nous, avec le passage de ce col qui nous ouvre les portes d’une vallée beaucoup plus large qui mène directement au Tibet par de très hautes montagnes enneigées dont nous ne connaissons pas les noms.

 

 







Sur notre carte, il est mentionné que des cordes fixes sont installées aux parois pour faciliter la descente. Aujourd’hui, le chemin a été aménagé en larges escaliers, ce qui nous simplifie amplement la tâche et nous rassure sur cette descente risquée.

 

La longue descente longe de nombreux lacs d’altitude, gelés ! Et puis, nous atteignons un plateau qui surplombe la vallée, un superbe endroit pour un bivouac improvisé. Le sentier plonge maintenant vers la rivière, en contrebas et nous apercevons déjà les bergers accompagnant leurs yacks. Les villages de ce versant n’ont plus rien à voir avec ceux de la grande et célèbre vallée de Khumbu. Il s’agit de simples maisons de bergers aménagées pour recevoir quelques touristes à l’occasion.



 



Sur la route du retour, nous visitons la Gompa de Thame qui est nichée dans la falaise et qui semble surveiller tous les faits et gestes des habitants de la ville depuis ses remparts. A Thame, l’activité principale des habitants est la culture de la patate, excellente dans la région et chaque terrain est aménagé avec des enclos de pierres pour scinder les propriétés. Cela donne un charme authentique aux hameaux des environs.



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Dimanche 1 février 2009

Hôpital de Lukla, fondation Nicole Niquille en collaboration avec la fondation Pasang Lhamu

 

« Selon les vœux de la défunte Pasang Lhamu et de Nicole Niquille, les accouchements ainsi que les frais qui y sont liés sont entièrement gratuits et pris en charge par l’hôpital » 

 

Nicole Niquille, son mari Marco Vuadens et leur « frère » Ang Gelu Sherpa, en collaboration avec la fondation Pasang Lhamu, sont les initiateurs de l’hôpital de Lukla, au pied de l’Everest. Celui-ci a accueilli ses premiers patients en avril 2005.

 



 

L’hôpital de Nicole Niquille et Pasang Lhamu a une consonnance particulière pour nous !

 

Pasang Lhamu, nous la connaissons bien car c’est cette femme qui est le fil conducteur de notre projet. Entièrement dévouée à la cause des femmes, elle est la première femme népalaise à avoir atteint le sommet de l’Everest en 1993. Elle n’est malheureusement jamais revenue de cette expédition, ayant été surprise par une tempête lors de la redescente. Son engagement était tel qu’elle a donné sa vie pour montrer à quel point le courage et la détermination des femmes pouvait égaler celui des hommes !

 

C’est lors de la traversée entre Chamonix-Zermatt en hiver 2007, une grand classique de ski de randonnée, que Maud entend parler de l’hôpital Nicole Niquille. Interpellée par les magnifiques photos de la vallée du Solukhumbu affichées dans le refuge de la cabane des dix, Maud fait sa première rencontre avec le voyage et le projet ! Évidemment, il nous fallait aller leur rendre visite sur place…

 

Depuis Katmandou, où nous organisons notre trek vers la vallée de l’Everest, nous apprenons que Nicole est rentrée en Suisse dans son auberge du lac de Tanay pour la haute saison. Elle nous propose néanmoins de visiter l’hôpital et d’y rencontrer l’équipe locale qui est autonome et reprend progressivement les responsabilités en  matière de suivi et de gestion.     

 

 



Pourquoi un hôpital au Népal ?

 

Nicole devient la première femme guide de haute montagne en Suisse en 1986, après deux ans de formation. Elle connaît parfaitement le Népal pour y avoir effectué une quinzaine de voyages et participé notamment à une expédition à l’Everest. Elle entretien avec ce pays et ses habitants des relations fortes et Ang Gelu Sherpa, le frère de Pasang Lhamu était cuisinier dans leur auberge en Suisse…

En 1994, un accident grave prive Nicole d’une partie de sa mobilité et sa vie prend un tout autre tournant. Passionnée par la montagne et ce pays qu’elle affectionne plus que tout, ils restent le fil conducteur de son existence.

En 2003, elle entreprend la construction de l’hôpital de Lukla avec l’aide de la fondation Pasang Lhamu qui reçoit ses premiers patients le 9 avril 2005.

 

 

Le constat de santé dans la vallée de l’Everest



 

Comme dans la majorité des villages reculés de haute montagne, extrêmement difficiles d’accès, la santé est un réel problème. Elle est souvent inexistante ou pratiquée par des chamanes (sorte de « sorciers ») ou des amchis (médecine traditionnelle à base de plantes) qui ont bien quelques bonnes pratiques mais pas toujours le remède adéquat… Ne parlons pas des conseils ou de prévention en matière de santé, d’hygiène et de contraception !!!

Le taux de mortalité infantile et maternelle au Népal est le troisième des plus élevés au monde. Pour 100.000 accouchements, 750 femmes décèdent et 5900 enfants meurent à la naissance ou durant leur première année d’existence.

Les conditions dans lesquelles les femmes accouchent à la maison sont plus que précaires et l’hygiène est inexistante. Le cordon ombilical est souvent coupé avec un morceau de bois et la plaie soignée avec de la bouse de Yack fraîche (souvent utilisée pour désinfecter les blessures) ou encore de la toile d’araignée… ?!

 

Lukla est un petit village situé à 2850 mètres, au pied de la vallée de l’Everest. C’est le point de départ pour tous les treks vers la vallée du Solukhumbu et il est relié à Katmandou par avion. Et oui, il existe ici un petit aéroport ! La situation de ce village en fait un terrain parfait pour l’hôpital car l’aéroport permet de transférer les malades par hélicoptère pour les cas d’urgences graves (6500 roupies environs).

 

 

La visite de l’hôpital



 

Nous montons sur les hauteurs de Lukla ce matin pour visiter l’hôpital et y rencontrer l’équipe locale. Il est encore tôt et les consultations ouvrent à partir de 9 heures et demi. Les deux médecins qui ont passé la nuit ici nous reçoivent avec un thé au lait pour la visite des locaux.

 

Sarita Shrestha et Ndaya Karki sont tous les deux médecins ici. Sarita est tout juste arrivée hier après une formation de médecin en Ukraine, tandis que Ndaya pratique ici depuis plus de sept mois. Ce sont 16 personnes qui travaillent ici entre les docteurs, nurses, Cook, réceptionniste, etc… L’hôpital ne prend les consultations que la journée, mais les deux médecins et une nurse se tiennent prêts à toute heure de la journée ou de la nuit pour un accouchement ou une urgence.

 

La visite des lieux nous surprend. L’hôpital est impeccable, flambant neuf et l’équipement semble n’avoir encore jamais servi…

 

Il existe de nombreuses salles dans l’hôpital : salle d’analyses, salle de médicaments, salle d’archives, salle de repos pour les hommes, salle de repos pour les femmes, bloc d’opérations 1, bloc d’opérations 2, salle de repos post-opératoire, salle d’anesthésie, salle d’accouchement, salle de préparation à l’accouchement, salle de repos après l’accouchement, salle de consultation, salle de planning familial, etc… Tant de salles et ce matin, tout est vide, aucun malade par ici ! C’est a priori très bon signe pour un hôpital !!!

 

 



A 9 heures, les premières patientes font déjà la queue pour les consultations… dans le couloir d’entrée ! Pourquoi n’y a-t-il pas de salle d’attente ici ? nous demandons-nous…

 

L’hôpital reçoit en moyenne 25 patients par jour et cela monte même à 40 patients en période touristique, car ils viennent nombreux pour reprendre un peu d’oxygène perdus dans ces hautes altitudes ! Les principales maladies traitées sont les problèmes d’altitude, les problèmes de digestion et dysenteries, les maladies du foie, les infections liées à des plaies mal soignées et les blessures de femmes battues. 

 

Un centre de vaccination a été créé en 2006 pour les maladies infantiles, la polio, la tuberculose, etc., et un planning familial a été mis en place.

Certains « camps » sont régulièrement organisés avec des médecins spécialisés ; pour les problèmes d’orthopédie et les nombreux problèmes ophtalmologiques.

 

L’hôpital et ses médecins travaillent aussi énormément sur la prévention et le conseil sanitaire en se rendant dans le village de Lukla et les villages alentours. Notamment concernant le suivi de la maternité et l’accouchement. L’hôpital réalise 5 à 6 accouchements par mois.

 

 

 

Une consultation coûte 50 roupies à un patient, médicaments compris. Selon les vœux de la défunte Pasang Lhamu et de Nicole Niquille, les accouchements ainsi que les frais qui y sont liés sont entièrement gratuits et pris en charge par l’hôpital.  

 

Comment les aider ?

 

- Encouragez les en envoyant un message ou en vous rendant sur place, pour une visite et pour un mal d’altitude ;-)))

- Envoyez-leur un don personnel à partir du site Internet,

- Apportez vos médicaments si vous vous rendez sur place. 

 

…En faisant PARLER D’ELLE tout simplement…

 

Comment les contacter ?

 

Contact à l’Hôpital de Lukla

Chaurikharka VDCcc

8, Lukla,

Solukhumbu

Tel : 977-038550119plnnhospital@gmail.com ou amepsherpa@yahoo.com

E.Mail : (Pasang Lhamu Sherpa, Assistante) :  

Site Web : www.lactanay.com/lukla

 

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Tel : 41 (0)24 481 14 80
E. mail : lukla@niquille.ch

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  • :
  • parlerdelles
  • : Femme
  • : 14/04/1971
  • : lille
  • : Voyages Sport Montagne femmes Alpinisme
  • : Nous sommes 2 femmes, la trentaine et allons parcourir pendant un an l'Himalaya d'ouest et est, en autonomie et en majeure partie à pied. Notre objectif : mettre la lumière sur les associations et actions concernant la condition des femmes là bas

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